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Busy P : « Je suis patron de label la journée et Dj la nuit »

Le concours BPM débarque enfin à Lyon ! Pour sa sixième édition, le BPM contest s’est associé avec Villa Schweppes afin de donner, cette année encore, une chance aux jeunes artistes producteurs de musique électronique. La soirée sera au Sucre le 9 juin, en compagnie de Point G, l’un des précurseurs de la scène House française, et Pedro Winter aka Busy P. On est allés à la rencontre de ce bourreau de travail, il a accepté de répondre à nos questions. 

Tu es récemment devenu papa, tu es à la tête du label Ed Banger, et à côté de cela tu continues à être Dj sous le nom de Busy P. Avec 20 ans de carrière derrière toi, tu as le luxe de pouvoir choisir les dates et les clubs dans lesquels tu veux jouer. Pourquoi avoir accepté cette soirée au Sucre ? 

J’ai un lien très fort avec Lyon depuis très longtemps. De mes premières soirées à La Marquise, aux fêtes Ed Banger à La Plateforme et au Transbordeur ainsi que mes différents passages aux Nuits Sonores, nous avons construit une relation solide. Le Sucre est un club qui a été pensé par des passionnés pour des passionnés, c’est ma deuxième fois la-bas et j’en suis ravi.

Depuis quelques années la musique électronique rassemble un public de plus en plus large et plus jeune aussi. Le nombre de DJs ne cesse de monter en flèche et c’est un peu devenu le métier idéal pour les ados, comme médecin auparavant par exemple. Ce genre de concours de jeunes Djs ça te tient à coeur ? Tu continues à découvrir des perles chez ces artistes en devenir ? 

C’est vrai que ça devient un peu n’importe quoi ! Pour moi le BPM contest se positionne plus comme un accompagnateur qu’un simple radio crochet du type la Nouvelle Star. On rencontre les participants tout au long du concours, on répond à leurs questions, on peut les guider, on créé une vraie relation avec eux. D’ailleurs je vais les recevoir chez Ed Banger pour une session de travail, ça sera un moment parfait pour échanger et partager mon expérience. Ils seront jugés en live, face à un vrai public et avec un jury de professionnel. 

On a du mal à te mettre dans une case au niveau de ton style musical. J’ai lu que plus jeune tu avais été influencé par le métal. Dans ton émission « la sélection électronique de Pedro Winter » diffusé sur Le Mouv, tu faisais découvrir des morceaux aux influences très diverses : de l’électro ou du rap par exemple. Est-ce que c’est un choix de ne pas avoir envie qu’on te catégorise justement ? Pourquoi ?

Ce n’est pas un choix, j’ai juste la chance d’avoir les oreilles ouvertes. Pour mon émission du Mouv, le rôle de DJ radio me tient vraiment à coeur car ça me permet de pouvoir partager mes découvertes, mes coups de coeur et c’ est un vrai bonheur. 

Tu as la double casquette de Dj et directeur du label Ed Banger. Comment te définirais-tu aujourd’hui ? Comme un électron libre ? 

Le plus simple c’est de ne pas chercher à mettre d’étiquette justement. Je suis patron de label la journée, et DJ la nuit. Mais il m’arrive très souvent d’être boss d’Ed Banger la nuit aussi ! C’est ça qui est cool, l’époque dans laquelle nous vivons nous permet de faire mille choses à la fois.

Laurent Garnier avait fait une interview quand il avait la vingtaine, il disait qu’être un bon Dj, c’est juste passer le bon disque au bon moment. En 2016, pour toi c’est quoi un « bon » Dj ? 

Laurent avait raison. Mais là aussi je pense qu’il ne faut pas chercher à trop analyser les choses. Par exemple Seth Troxler et Jeff Mills veulent la même chose à la fin : voir les gens passer un bon moment et danser. Après tu peux te mettre à réfléchir sur la qualité et l’utilité de tel ou tel morceau, mais là je laisse ça à Resident Advisor…

Tu as côtoyé les plus grands comme Pharell Williams, Timbaland ou Kanye West. Comment on fait pour garder les pieds sur terre avec toutes ces expériences ?

J’avoue que travailler avec Daft Punk, Dj Mehdi, Justice ou encore Cassius me remplit beaucoup plus que d’avoir croisé le chemin de Kanye. Après avec Pharrell c’est autre chose parce qu’on se connait depuis 15 ans maintenant. Non seulement c’est un génie, mais en plus c’est un mec vraiment bien.

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Avec le label vous avez passé beaucoup de temps au Social Club à Paris, qui a fait sa dernière soirée le 28 mai dernier. Est-ce que ça te touche ? C’est la fin d’une époque ?

C’était une belle époque. Cependant pour nous le Social était fermé depuis 2 ans déjà quand l’équipe fondatrice a décidé d’arrêter l’aventure. Le Social Club était le club dans lequel la scène parisienne des années 2007 s’est épanouie et envolé, c’est une page qui se tourne.

La scène électronique lyonnaise se développe de plus en plus ces dernières années. Trax a d’ailleurs sorti il y a deux semaines un article sur la fête de la musique à Lyon, qui sera particulièrement électronique comparée aux autres villes françaises. Es-tu sensible à ce qu’il s’y passe ? Observes-tu une différence entre Lyon et Paris ?  

Je n’ai jamais aimé la comparaison ou cette forme de compétition qui a été créée entre Paris et les villes françaises. Il faut arrêter avec les complexes Paris/Province. Lyon est une ville magnifique où il fait bon vivre. Les Nuits Sonores servent de vitrine internationale à la scène électronique lyonnaise depuis une dizaine d’année, et avec une classe incomparable. 

Même si on ne peut pas trop en dire, quels sont tes projets dans un futur proche en tant que Dj ? Et avec le label ? 

Pour cet été j’ai un programme assez chargé car je fais des dates partout en France, à Ibiza, ou encore à Calvi. Sinon avec Ed Banger on prépare la sortie d’un nouvel album de MR OIZO « ALL WET » pour la rentrée. Le nouvel album de CASSIUS « IBIFORNIA » arrive le 24 août. 

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Soirée au Sucre, jeudi 9 juin : https://www.facebook.com/events/466044066853504/


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