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INTERVIEW : PARADIS // en concert ce vendredi au Sucre

C’est incontestablement le duo électro français qui fait sensation en ce moment, Paradis marquera la sortie de son album Recto/Verso par un concert exceptionnel sur la scène du Sucre ce vendredi. Nous avons posé deux, trois questions à Pierre et Simon quelques jours avant leur passage sur le rooftop, un évènement qui affiche complet depuis déjà plusieurs jours. Rendez-vous pour Paradis.


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Pour commencer ; comment est né le projet Paradis ? Quand avez-vous commencé à faire de la musique ensemble ?

Le projet est né de notre rencontre tous les deux dans une soirée il y a 6 ans. Ce soir là on a discuté de musique et quelques temps après on s’est retrouvés pour s’amuser avec des machines que Simon avait dans sa chambre de bonne à l’époque.

Vous disiez dans une interview pour Clubxtrem que la house vous avait réuni, Simon tu écoutais principalement de la techno et Pierre plutôt de la disco. Du coup, quelles ont été vos premières influences musicales communes ?

Notre point de rencontre au début c’était justement la rencontre entre nos deux univers, à ce moment là c’était la house qui incarnait ça assez bien. On a un souvenir assez précis d’une soirée où on a écouté « Can You Feel It » de Mr Fingers. On a deux sensibilités musicales assez différentes et c’est vraiment un morceau qui synthétise assez bien une zone dans laquelle on arrive à se retrouver ensemble.

Depuis combien de temps prépariez vous ce projet d’album ? Est-il né instinctivement après la ferveur de votre EP Couleurs Primaires ?

On a commencé à imaginer un projet de long format assez tôt dans notre processus après avoir sortis nos premiers maxi sur Beats in Space. Entre le début de l’écriture et la sortie se sont écoulés plus de trois ans mais l’album a connu plusieurs étapes, on a sorti un ep au milieu de tout ça et on a aussi commencé à vivre nos premières expériences sur scène. On a conscience que les choses ont pris du temps mais c’était comme ça qu’on a eu envie de faire les choses, en prenant le temps d’apprendre sans précipiter quoi que ce soit. On se dit qu’à l’inverse, pour le second on aimerait bien faire différemment, l’écrire super vite, on verra bien !



La house est une musique universelle, vous n’avez pas peur que la barrière du français freine le succès de votre album à l’international ? Seriez-vous prêt à traduire vos textes s’il on vous le demandait ?

Traduire nos textes, avec plaisir, après les chanter c’est une autre chose ! En fait le choix du français pour nous s’est imposé comme un choix plus pratique qu’autre chose, parce que c’est une langue dont on connait les subtilités et le travail sur la langue et le chant c’est quelque chose qu’on ne se voyait pas aborder autrement. On a grandi tous le deux à l’étranger et on a toujours ressenti une forme de fascination pour l’écriture de chansons en Français. On trouve que c’est une belle langue qui fonctionne bien avec la musique et après tout c’est peut-être pour repousser un peu plus nos frontières qu’on fait ça. On écoute des morceaux de techno en espagnol, en allemand, des chansons italiennes, pour nous c’est peut-etre encore plus universel encore de partager quelque chose une diversité dans la langue aussi. La musique et la langue c’est deux choses différentes et on est assez convaincus qu’on a pas besoin de comprendre un texte pour en apprécier la musique.

« La musique et la langue c’est deux choses différentes et on est assez convaincus qu’on a pas besoin de comprendre un texte pour en apprécier la musique. »

Peut-on revenir sur les visuels de votre clip, et le travail de la photo qui est très présent dans votre album, qui a produit ces visuels ? La suggestion est réelle, mais c’est bien vous sur la pochette de l’album ?

Oui, c’est bien nous deux sur la pochette de l’album ! On a travaillé avec le photographe Andrea Montano pour la construction de l’image autour du disque et des clips. Pour nous c’était important d’aller chercher des vrais émotions, des moments sur le vif et cette image est vraiment un très bon exemple pour nous. C’est juste une photo d’un moment qu’on a passé au Cap Ferret, des promoteurs qui nous avaient invité nous ont fait faire un tour de bateau et on a fait une petite baston dans l’eau pour rigoler. Il en sort une image d’un vrai moment et il y a pour nous quelque chose de fort qu’on aurait jamais pu imaginer ou mettre en scène.



Vous êtes passionnés de photographie, cela vous semblait essentiel d’allier la musique et la photographie sur le projet recto/verso ?

Oui, la photo c’est un medium qui nous parle beaucoup à tous les deux. Mais c’est aussi et surtout la rencontre avec Andrea qui nous a poussé dans ce sens, c’est quelqu’un avec un vrai sens de la poésie dans l’image et on a tout de suite senti que son univers visuel pouvait cohabiter avec nos chansons.

Simon, tu es le seul du duo à chanter, tu es seul également à écrire les textes ou vous le faites ensemble ?

– Simon a toujours aimé chanter donc c’est un choix qui s’est fait assez naturellement quand on a enregistré les premières voix ensemble mais on fait tout ensemble, du choix d’un traitement à l’écriture d’un texte.

– Après c’est encore un choix qui s’est imposé de façon pratique et naturelle au début mais on faisait de la musique instrumentale au début, on voulait juste rajouter la couleur d’une voix comme celle d’un instrument en plus. Donc qui sait, si Pierre a envie de chanter une chanson un jour, c’est tout à fait possible !

Vous avez eu des retours d’Alain Chamfort suite à la reprise de son titre « paradis » ?

Oui, Marco Dos Santos qui a imaginé et rassemblés tous les artistes sur cette compilation nous a dit qu’il avait aimé notre version. On a été très touchés que ça lui plaise car on s’est quand même bien approprié la chanson.

Vous avez travaillé sur la bande originale d’un court-métrage, « Mes Amours Décomposé(e)s » de Sacha Barbin. Depuis avez-vous eu d’autres projets autour du cinéma ? L’expérience vous a plu ?

Non, pas encore mais c’est quelque chose qu’on a adoré faire et qu’on aimerait beaucoup refaire à l’avenir. Travailler sur de la musique à l’image c’est comme aborder un puzzle déja bien commencé, c’est super directif. Ça fait vraiment partie des choses qu’on aimerait explorer à l’avenir.

« On commence tout juste à prendre nos marques sur scène, il y a plein de choses à explorer et le public nous porte beaucoup depuis nos premiers concerts, on a hâte ! »

Seulement quelques dates programmées depuis votre passage aux Inrock Festival, Nancy, Clermont, Ris Orangis. Une tournée se prépare ? Si oui, plutôt en formule dj set ou en Live ?

On fait une pause après notre date au Sucre jusqu’à début février, on va ensuite repartir en résidence puis sur le gros de la tournée jusqu’aux festivals d’été. Ce sera essentiellement des dates de live, on commence tout juste à prendre nos marques sur scène, il y a plein de choses à explorer et le public nous porte beaucoup depuis nos premiers concerts, on a hâte !

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Paradis – © Andrea Montano (photo à la une)
Paradis en concert le 16 décembre 2016 au Sucre – Lyon 
Album Recto/Verso : disponible par ici 

Alice Defond

Rédactrice en chef Make x Lyon
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